20 novembre 2021

Lui Dieu Un

A toutes les époques de l’humanité, dans toutes les langues, « Lui » est la Révélation de l’Identité Suprême. Le Bienheureux Seigneur Miséricordieux est : Lui pour Ses élus, Dieu pour le commun des croyants, l’Un (ou l’Unité) pour le reste des hommes.


« Il n’existe qu’une seule Vérité ; Lui seul est, et nous tous ne sommes que des images : ange, homme, animal, fleur, pierre, ne sont que des images, car Lui est tout. » (Dialogues avec l’Ange) 

« Lui donne éternellement, Lui ne se lasse jamais, Lui le Tout-Puissant. Agir n’est possible que par Lui. Toute lumière, Il en est la source. Tout espace, Il en est la base. Tout être qui a la foi, c’est Lui. Tout chant s’élève jusqu’à Lui. Ne meurt pas celui qui le sert. Tout parfum monte auprès de Lui. Ne connaît pas la fatigue celui qui s’élance vers Lui. Toute montagne se dresse vers Lui. Qui cherche, trouve le chemin, Tout autre chemin aboutit au néant. Toute parole s’efface devant Lui. Lui est la maison - et Lui est l’habitant. » (Dialogues avec l’Ange) 

« […] Nul ne Le voit, si ce n'est Lui ; nul ne l'atteint, si ce n'est Lui ; nul n'a de science à Son sujet si ce n'est Lui. Il se connaît Lui-même par Lui-même et Se voit Lui-même par Lui-même. Nul autre que Lui ne Le voit. C'est Son Unicité même qui est Son voile et non pas quelque chose qui serait « autre que Lui » ; c'est Son Etre même qui Le voile. Son Unicité est occultée par Son Unicité au-delà de tout « comment ».  Aucun « autre que Lui » ne le voit. Il n'est pas de prophète envoyé, de Saint parfait ou d'ange rapproché qui Le connaisse. Son prophète, c'est Lui ; Son envoyé, c'est Lui. Il S'est envoyé Lui-même, par Lui-même, de Lui-même à Lui-même ; il n'y a pas d'intermédiaire ou de cause seconde qui serait autre que Lui. Il n'y a pas de différence entre Celui qui envoie, ce qui est envoyé, et celui à qui l'envoi est destiné. Les lettres de la prophétie sont Son être même. » (Awhad al-dîn Balyânî)

« Ce qui est en nous est Lui et tout ce dont nous avons l'expérience hors de nous est Lui. L'intérieur et l'extérieur, le lointain et le proche, le mobile et l'immobile, tout cela Il l'est ensemble. Il est la subtilité du subtil qui est au-delà de notre connaissance. Il est l'indivisible et Il est l'Un, mais semble Se diviser en formes et en créatures et apparaît comme chacune des existences distinctes. Toutes choses éternellement naissent de Lui, sont maintenues en Son éternité, éternellement reprises en Son unité. Il est la Lumière de toutes les Lumières et lumineux par-delà les ténèbres profondes de notre ignorance. Il est la Connaissance et l'objet de la connaissance. Il siège dans le cœur de tous. » (Bhagavad-Gîtâ)

19 novembre 2021

L'Amour infini

Dieu est la source de toute Beauté et de toute Sainteté, puisqu’il est Amour. Son Unité embrasse tout. Nous sommes tous comme de la limaille de fer, et Il est le Grand Aimant qui attire tout à Lui.



« Le monde est la manifestation de Bhâva, de l'Amour Divin. Toute chose créée en est l'expression matérielle. Si vous parvenez une fois à vous élever à cet Amour Divin, vous ne verrez plus dans l'univers que le jeu de l'Unique. En se coupant de cet Amour Divin l'homme tâtonne et ne voit pas le But réel de la Vie. » (Ma Ananda Moyi)
« En Le découvrant, Lui, plus subtil que le subtil, centre paisible de tout mouvement, Maître d’œuvre universel, Lui qui dans son étreinte embrasse tout l’univers, en découvrant qu’Il est Amour, nous entrons dans la Paix Eternelle. » (Shvetashvatara Upanishad)
« Il est Ishvara, le Seigneur, l'Eternel, le Pur, le Toujours Libre, le Tout Puissant, l'Omniscient, Le Miséricordieux, le Maître des Maîtres, et par-dessus tout : Lui, le Seigneur, par sa propre nature, est Amour ineffable. » (Shândilya Sûtras)
« Ecoute, ô bien-aimé ! Je suis la Réalité du monde, le centre et la circonférence, J'en suis les parties et le tout. Je suis la Volonté établie entre le ciel et la terre, Je n'ai créé en toi la perception que pour être l'objet de Ma perception. Si donc tu Me perçois, tu te perçois toi-même, mais tu ne saurais Me percevoir à travers toi. C'est par Mon œil que tu Me vois et que tu te vois, ce n'est pas par ton œil que tu peux Me concevoir. Bien-aimé, tant de fois t'ai-Je appelé, et tu ne M'as pas entendu ! Tant de fois Me suis-Je à toi montré, et tu ne M'as pas vu ! Tant de fois Me suis-Je fait douces effluves, et tu n'as pas senti, nourriture savoureuse et tu n'as pas goûté. Pourquoi ne peux-tu M'atteindre à travers les objets que tu palpes ? Ou Me respirer à travers les senteurs ? Pourquoi ne Me vois-tu pas ? Pourquoi ne M'entends-tu pas ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pour toi Mes délices surpassent toutes les autres délices, et le plaisir que Je te procure dépasse tous les autres plaisirs. Pour toi Je suis préférable à tous les autres biens. Je suis la Beauté, Je suis la Grâce, bien-aimé, aime-Moi, aime-Moi seul, aime-Moi d'Amour. Nul n'est plus intime que Moi. Les autres t'aiment pour eux-mêmes : Moi, Je t'aime pour toi, et toi, tu t'enfuis loin de Moi. Bien-aimé, tu ne peux Me traiter avec équité, car si tu te rapproches de Moi c'est parce que Je me suis rapproché de toi. Je suis plus près de toi que toi-même, que ton âme, que ton souffle. Bien-aimé, allons vers l'Union. Allons la main dans la main, entrons en la présence de la Vérité, qu'elle soit notre juge et imprime son sceau sur Notre union à jamais. » (Ibn'Arabi) 
« De l’Amour nous sommes issus. Selon l’Amour nous sommes faits. C’est vers l’Amour que nous tendons. A l’Amour que nous nous adonnons. » (Ibn’Arabi)
« L'Amour est un océan infini dont les cieux ne sont qu'un flocon d'écume ; Sache que ce sont les vagues de l'Amour qui font tourner la roue des cieux : sans l'Amour, le monde serait inanimé. Comment une chose inorganique se transformerait-elle en plante ? Comment les choses végétales se sacrifieraient-elles pour devenir douées d'esprit ? Comment l'esprit se sacrifierait-il pour ce Souffle dont un effluve a rendu enceinte Marie ? Chaque atome est épris de cette Perfection et se hâte vers elle. Leur hâte dit implicitement : Gloire à Dieu. » (Rûmi)

18 novembre 2021

L'Adoration

L'Adoration est le chemin le plus facile pour réaliser Dieu, car quiconque a de l'Amour dans son cœur se rapproche de son Seigneur, et s’emplit de Joie à chaque instant.



« Dans son grand Amour, Dieu n’a pas voulu contraindre notre liberté, bien qu’il eût le pouvoir de le faire, mais il nous a laissés venir à Lui par le seul Amour de notre cœur. » (Isaac le Syrien)

« O le plus petit des hommes, veux-tu trouver la Vie ? Garde en toi la foi et l’humilité et tu trouveras en elles Celui qui te garde et demeure secrètement en toi. Quand tu viens devant Dieu par la prière, sois comme la fourmi, comme ce qui rampe sur terre, comme un enfant qui balbutie. Et ne dis rien devant Lui que tu prétendes savoir. Mais approche Dieu avec un cœur d’enfant. Va devant Lui pour recevoir cette sollicitude avec laquelle les pères veillent sur leurs tout petits enfants. On l’a dit : « Le Seigneur garde les petits enfants » Quand Dieu verra qu’en toute pureté de cœur tu te confis à Lui plus qu’à toi-même, alors une puissance inconnue de toi viendra faire en toi sa demeure. Et tu sentiras dans tous tes sens la puissance de Celui qui est avec toi. » (Isaac le Syrien)
« Ceux dont l'âme est grande, ô Pârtha qui demeurent dans la nature Divine, ceux-là Me connaissent comme l'Impérissable, origine de toutes les existences et, Me connaissant tel, ils se tournent vers moi d'un Amour unique et entier. Toujours m'adorant, persévérant dans leur effort spirituel, se prosternant devant Moi avec dévotion, ils Me rendent un culte en un constant Yoga. » (Bhagavad-Gîtâ)

 « J'adore le Seigneur qui est le Soi Suprême, l'Un, la semence primordiale de l'univers, sans désir et sans forme, qui est réalisé par la syllabe sacrée Om, dont tout procède, par qui tout est maintenu, en qui tout se dissout. » (Shankarâchârya)
« A lire tant de livres tous se sont égarés, et nul n’est devenu un vrai pandit (savant). Et pourtant il suffit, pour devenir pandit, de lire les quelques lettres qui forment le mot Amour. Ce qui vient puis s’en va, cela n’est pas l’Amour. Heure après heure ce qui demeure, cela s’appelle l’Amour. L’Amour ne se cueille pas comme une fleur, l’Amour ne se vend pas dans les échoppes. Si d’Amour tu es en quête, que tu sois prince ou gueux, offre d’abord ta tête. O Kabir, beaucoup prennent place autour du brasier de l’Amour, mais seul se désaltère de son nectar celui qui offre sa tête. Peux-tu désirer le doux nectar d’Amour sans renoncer à ton orgueil. Je n’ai jamais vu, ni entendu dire que dans un seul fourreau pénètrent deux épées ! » (Kabir)

« En vérité, il parvient à l'Illumination Suprême celui qui ne réalise pas seulement la présence de Dieu, mais le connaît à la fois comme personnel et impersonnel, L'aime intensément, Lui parle, participe à sa félicité. Un tel être illuminé réalise la félicité de Dieu quand il est absorbé dans la méditation, et qu'il atteint l'Unicité avec l'Etre impersonnel, indivisible ; il réalise la même félicité quand il revient à la conscience normale, et qu'il voit cet univers comme une manifestation de cet Etre et comme un jeu Divin. » (Ramakrishna)

17 novembre 2021

La répétition du Nom de Dieu

La répétition du Nom de Dieu est une pratique commune au Yoga (japa), au Soufisme (dhikr), au Christianisme orthodoxe (hésychasme) et au Judaïsme. C'est le moyen le plus facile pour vivre Sa Présence. La répétition du Nom de Dieu purifie le mental et le cœur de celui qui invoque sans cesse son Seigneur. La Joie est donnée à tous ceux qui adorent le Seigneur Dieu. Priez sans cesse.


« Dieu appelle sans cesse l'homme, par Son Verbe, Sa Parole révélée et consignée dans les Ecritures sacrées de toutes les Religions authentiques. Il s'adresse à l'homme, non seulement de l'extérieur, par la voix de la Religion, de la Doctrine transmise de génération à génération, mais aussi de l'intérieur, par la voix du Cœur, de la Conscience, de l'Esprit, - par Sa Voix qui vibre dans Sa créature. Cependant, « la plupart des hommes n'entendent pas la Voix de Dieu dans leur cœur, ne la comprennent pas, mais suivent plutôt la voix des passions, qui vivent dans leur âme […] ». Ils ne suivent pas les commandements de Dieu, ne prient pas et ignorent totalement la nature salvifique, la grâce miraculeuse, la portée infinie de l'invocation de Son Nom, - ce Nom qui doit être invoqué avec foi, avec tout ce que la foi implique, et en conformité aux instructions données par les Maîtres Spirituels authentiques qui transmettent cette invocation. » (Léo Schaya)

« L'Esprit, quand il demeure dans un homme, ne le quitte plus dès lors que cet homme est devenu prière. Car l'Esprit Lui-même ne cesse de prier en Lui. Que cet homme dorme ou qu'il veille, la prière désormais ne s'en va pas de son âme. Qu'il mange, qu'il boive, quoi qu'il fasse et jusque dans le sommeil profond, le parfum de la prière s'élève sans peine dans son cœur. La prière ne le quitte plus. A tous les moments de sa vie, quand bien même elle paraît cesser, elle est toujours secrètement à l'œuvre en Lui. Un des Pères porteurs du Christ dit que la prière est le Silence des purs. Car leurs pensées sont des mouvements Divins. Les mouvements du cœur et de l'intelligence purifiés sont les voix pleines de douceur par lesquelles de tels hommes ne cessent de chanter en secret au Dieu caché. » (Isaac le Syrien)

« Emplis de Moi ta pensée, deviens Mon amant et Mon adorateur ; sacrifie à Moi, sois prosterné devant Moi, à Moi tu viendras, c'est l'assurance et la promesse que Je te fais, car tu M'es cher. Abandonne tous les dharmas et prends refuge en Moi seul, Je te délivrerai de tout péché et de tout mal, ne t'afflige point. » (Bhagavad-Gîtâ)

« Respirer sans penser à Dieu, c'est du gaspillage. Seul l'être humain a été doté du pouvoir de chercher et de trouver Dieu. Posez-vous la question : « Qu'est-ce que je fais de mon temps ? » On oublie si facilement que pas une heure écoulée ne reviendra jamais. Les jours s'envolent sans que vous vous en aperceviez. Un beau jour, vous constatez que vous êtes trop âgé et trop faible pour fournir un effort soutenu. La quête de Dieu ne doit pas être remise à vos vieux jours lorsque vous n'aurez plus rien d’autre à faire. C'est la tâche de toute votre vie et elle exige le maximum de ce que vous pouvez donner. Celui qui n'a pas encore commencé doit se mettre à l'œuvre dès aujourd'hui, dès maintenant, immédiatement. » (Mâ Ananda Moyî)

16 novembre 2021

La méditation-contemplation

La véritable méditation ou contemplation est le seul état de conscience qui permet de connaître pleinement la Vérité (connaître : c'est Etre). C'est un état au-delà de la dualité du mental, au-delà du bavardage incessant du mental et des rêves. C’est la Pure Conscience Divine pleine de Félicité.



« La méditation est l’unique Voie Royale conduisant au salut, à la Libération. Elle calme toute peine, toute souffrance, les trois espèces de fièvres et les cinq sortes de chagrins. La méditation confère la vision de l‘Unité et procure la notion de l’Unicité. La méditation est l’écoulement continu de la pensée de Dieu ou de l’Atman (le Soi), comme le filet d’huile coulant d’un vase dans un autre. Elle est l’échelle mystérieuse qui relie la terre au Ciel, et élève l’aspirant jusqu’à l’immortelle demeure de Brahman (Dieu). (Swâmi Sivânanda)

« La méditation est votre vraie nature. Vous l'appelez en ce moment méditation, parce que des pensées étrangères vous distraient. Mais lorsqu'elles sont expulsées, vous demeurez seul, c'est-à-dire, dans l'état de méditation, délivré de toutes pensées. C'est votre véritable nature, que vous essayez actuellement d'acquérir, en éliminant d'autres pensées. Cette élimination des pensées adventices, vous l'appelez pour lors la méditation. Mais lorsque la pratique s'établit enfin sur des bases solides, la nature réelle se déploie et l’on découvre qu'elle est la vraie méditation. » (Ramana Maharshi)

« En s'abstenant de toute formation de pensée, et de visualisations mentales. En maintenant le calme du corps comme celui d'un enfant qui dort. En s'efforçant humblement et avec zèle de suivre les enseignements autorisés du Guru, s'élèvera, sans doute, l'état Né Simultanément. […] N'imagine rien, ne pense pas, n'analyse pas, ne médite pas, ne réfléchis pas : Garde l'esprit dans son état naturel. » (Le Yoga du Grand Symbole)

« Rentre en toi-même au lieu où il n'y a rien et prends garde que rien n'y vienne. Pénètre au-dedans de toi, jusqu'au lieu où nulle pensée n'est plus et prends garde que nulle pensée ne s'y lève. Là où rien est, la Plénitude ; là où rien n'est vu, vision de l'Etre ; là où rien n'apparait plus, apparition du Soi. Dhyâna (la méditation), c'est cela. » (Swâmi Gnanananda)

15 novembre 2021

Le Saint Silence

Le plongeon dans le Saint Silence est, en Vérité, la Connaissance de la Réalité. Tant qu'il y a bavardage mental, il y a dualité. Dès que le Saint Silence s'installe, le Soi se révèle de Lui-même et illumine tout de l'intérieur.


« Lui est Silence, Lui qui est toujours avec vous. Son enseignement est aussi Silence. Ce qui est Silence ne peut être dénaturé. Ainsi celui qui se cache derrière tous les mensonges ne peut s'y glisser. L'Invisible ne peut être figuré, ainsi, Lui ne peut être défiguré. » (Dialogues avec l'ange)
« Je suis sortie du monde grâce à un autre monde ; une représentation s'est effacée grâce à une représentation plus haute. Désormais je vais où le temps se repose dans l'éternité du temps. Je vais au Silence. » (Evangile selon Marie)                                        

« Le Yogin doit rechercher ce Silence indicible qui existe au fond de tous de tous les êtres et que les mots et la pensée sont incapables d'exprimer. Qui peut exprimer ce que les mots ne peuvent définir ? Comment peut-on parler de ce pourquoi il n'y a pas de mot ? On décrit toujours l'Immanent, le Brahman, en l'appelant « Silence », parce que toutes choses sont connues par leur qualités propres. Le Silence des enfants consiste à se taire. Tout autre est le Silence que connaissent ceux qui s'approchent de la Réalité Suprême. » (Tejo Bindu Upanishad)

« Rien ne ressemble plus à Dieu dans l'immensité de l'univers que le Silence. » (Maître Eckhart)

14 novembre 2021

La Libération Spirituelle

Quand le disciple a parfaitement réalisé que tout est Lui Dieu Un ; que le fini repose dans l'Infini, et qu'il est Lui-même l'auteur de « l'acte quintuple », toutes ses chaînes se brisent. Voir l'unité dans la multiplicité et la multiplicité dans l'Unité, c'est se libérer de l'illusion de la dualité, c'est obtenir la vision divine (la vision d'amour) et s'immerger dans l'éternelle félicité.


« Tu t'es formé l'idée que tu étais toi or tu n'es point toi et ne le fus jamais ! Car si tu étais toi, tu serais un Seigneur et le second de deux. Abandonne cette idée ! Entre Son Etre et ton être, il n'y a nulle différence. Il n'est pas distinct de toi, ni toi de Lui. Si, par ignorance, tu déclares que tu es autre que Lui, ton endurcissement est manifeste. Mais si ton ignorance cesse, alors tu t'affines. Car ton union est séparation, ta séparation, union et ton éloignement, proximité : par cela tu atteindras la Perfection. Renonce à l'intellect et comprends par la Lumière du dévoilement afin que ne t'échappe point ce que tu tiens de Lui. N'associe à Dieu aucune chose afin de n'être point avili, car l'idolâtrie avilit. » (Awhad al-dîn Balyânî)
« J'ai connu le Seigneur par le Seigneur sans hésitation ni doute. Mon Essence est réellement Son Essence sans imperfection, ni défaut. Il n'y a pas, entre nous de devenir et mon âme est le lieu où le Caché apparaît. Depuis que je Le connais, mon âme est exempte de tout mélange et de toute corruption. Je suis parvenu à m'unir à mon Bien-aimé. Il n'y a plus ni éloignement, ni proximité. J'ai obtenu du Munificent un don qui n'a ni contrepartie, ni cause sans que mon âme s'éteigne en Lui.  […] » (Awhad al-dîn Balyânî)

« Après avoir atteint la Libération vient une Compassion Infinie pour tous les êtres animés qui n'ont point encore reconnu la Véritable Nature de leur Propre Esprit. » (Le Yoga du Grand Symbole)

« Shankara décrit ainsi la Félicité d'un homme-Dieu : l'ego a disparu. J'ai réalisé mon identité avec Brahman et tous mes désirs se sont dissipés. Je me suis élevé au-dessus de mon ignorance et de ma connaissance de cet univers trompeur. Quelle est cette Joie que je ressens ? Qui la mesurera ? Je ne connais rien qu'une Joie Infinie, sans limite. » (Shankarâchârya)


« Celui-là (le sage réalisé) ne dépendra plus de rien ; il sera parfaitement libre. Aussi dit-on très justement : l’Etre Surhumain n’a plus d’individualité propre ; l’Homme Transcendant n’a plus d’action propre ; le Sage n’a même plus un nom propre ; car il est Un avec le Tout. » (Tchoang-tseu)

13 novembre 2021

Les oeuvres dans le monde

Pour le disciple, le service rendu à son prochain sera de même nature que le service rendu à son Seigneur. Il cherchera naturellement à aider les autres, en leur montrant l'unique chemin : l'amour et le partage.


« Quand tu donnes, donne avec générosité, le visage éclairé par la Joie. Et donne plus que ce qui t'a été demandé. Ne distingue pas le riche du pauvre. Ne cherche pas à savoir qui est digne et qui est indigne. Que tous les hommes soient égaux devant toi, tu pourras attirer ainsi même les indignes dans le Bien. Le Seigneur mangeait à la table des publicains et des prostituées. Il n'éloignait pas les indignes, afin d'attirer tous les êtres. C'est pourquoi considère que tous les hommes, seraient-ce des infidèles ou des meurtriers, sont égaux dans le Bien et l'Honneur et que chacun de par sa nature est ton frère, même si, sans le savoir, il s'est égaré de la Vérité. » (Isaac le Syrien)
« Question : Et quand l'homme sait-il que son cœur est parvenu à la Pureté ? Réponse : Lorsqu'il considère que tous les hommes sont bons et lorsque nul homme ne Lui paraît impur et souillé, alors il est vraiment Pur en son cœur... » (Isaac le Syrien)

« Le vrai dévot s'abstient de toutes les activités qui pourraient Lui faire oublier Dieu. Qu'est la bonne action et qu'est la mauvaise ? Qu'est le bien et qu'est le mal ? Le seul critère est que ce qui est Bien et juste vous aide à garder votre esprit fixé en Dieu, vous aide à garder le souvenir de Dieu ; et ce qui est mal ou faux est ce qui vous fait oublier Dieu et vous éloigne de Dieu. » (Swâmi Prabhavânanda)

12 novembre 2021

Le Divin Sacrifice

Toutes nos actions, devraient être vécues comme une offrande au Seigneur, comme un sacrifice permanent au Divin.  


« Sat signifie Bien et Sat signifie existence ; de même ô Pârtha, le mot s’emploie dans le sens d’action bonne. Demeurer fermement dans le sacrifice, l’offrande et l’ascèse, faire les œuvres avec cette vision centrale, comme sacrifice, comme offrande, comme ascèse, cela est Sat. Tout ce qui est accompli sans foi, que ce soit oblation, offrande, ascèse, ou toute autre action, est appelé asat, ô Pârtha, et c’est néant, dans ce monde et dans l’au-delà. » (Bhagavad-Gîtâ)

 « Sur ce qu'est l'action et ce qu'est l'inaction, les Sages mêmes sont perplexes et se trompent. Je vais te révéler l'action dont la connaissance te délivrera de tous maux. Il faut comprendre au sujet de l'action et comprendre au sujet de l'inaction, il faut comprendre aussi ; enchevêtrée et touffue est la voie des œuvres. Celui qui dans l'action peut voir l'inaction et qui peut voir l'action continuant encore dans la cessation des œuvres, celui-là est parmi les hommes, l'homme de raison vraie et de discernement ; il est en Yoga et il est l'ouvrier universel aux capacités nombreuses. Celui dont tous les concepts et toutes les entreprises sont libres de volonté de désir, dont les œuvres sont brûlées au feu de la Connaissance, celui-là, ceux qui savent l'ont appelé un Sage. » (Bhagavad-Gîtâ)

 « En faisant les œuvres autrement que comme sacrifice, ce monde des hommes est tenu enchaîné par les œuvres ; pratique les œuvres en tant que sacrifice, ô fils de Kuntî, te libérant de tout attachement. Avec le sacrifice le Seigneur des créatures créa jadis les créatures et dit : Par ceci tu engendreras ; que ceci soit pour toi « la vache qui exauce les désirs ». Par ceci nourris les dieux et laisse les dieux te nourrir. L'un par l'autre étant nourri, tu atteindras le Bien Suprême. Nourris par le sacrifice, les dieux te donneront les joies désirées ; celui qui jouit des joies qu'ils donnent et ne leur a rien donné, celui-là est un voleur. Les bons qui mangent ce qui reste du sacrifice sont délivrés de tout péché ; mais ceux-là sont des méchants et jouissent du péché qui cuisent les aliments pour eux-mêmes. De la nourriture naissent les créatures, de la pluie naît la nourriture, du sacrifice naît la pluie, le sacrifice est né du travail ; le travail, sache-le, est né de Brahman (Dieu), Brahman est né de l'Immuable ; c'est ainsi que Brahman qui tout pénètre est établi dans le sacrifice. […] Ayant abandonné tout attachement aux fruits de ses actions, à jamais satisfait, sans aucune sorte de dépendance, il n'agit pas, bien que [par sa nature] il s'engage dans l'action. Il n'a point d'espoirs personnels, ne se saisit point des choses en tant que possessions personnelles ; son cœur et son moi sont parfaitement maîtrisés ; accomplissant les actions par le seul corps, il ne commet pas de péché. Celui qui est toujours satisfait de ce qu'il reçoit qui a franchi les dualités qui n’est jaloux de personne qui demeure égal dans l'échec et dans le succès, celui-là n'est pas enchaîné alors même qu'il agit. Quand un homme libéré, délivré de tout attachement, le mental, le cœur et l'esprit fermement fondés sur la Connaissance de soi, fait les œuvres comme sacrifice, toute son activité se dissout. » (Bhagavad-Gîtâ)       

11 novembre 2021

Le Maître Spirituel

Le maître Spirituel est une fonction très difficile qui demande d'immenses qualités. Tout d'abord n'est pas maître qui veut, mais seulement celui par qui la puissance divine agit. Le maître spirituel doit connaître l'essence de toutes les Ecritures, il doit être sans péché et n'avoir aucune ambition personnelle. Le maître spirituel est celui qui guide dans la bonne direction.


« Le Maître est celui qui connaît la Sagesse Eternelle, le Véda qui est dévoué à l'Omniprésent qui est sans orgueil qui connaît la méthode du Yoga qui est toujours ferme dans sa pratique et qui s'est identifié Lui-même au Yoga qui est pur, dévoué à ses Maîtres et qui a obtenu la vision de la Personne Suprême, Purusha. Celui qui possède toutes ces vertus est appelé « dissipateur de ténèbres », un Guru. La syllabe « gu » signifie ténèbres, la syllabe « ru » signifie dissipateur ; on l'appelle donc Guru parce qu'il dissipe les ténèbres. Le Guru est la Cause Suprême, le Guru est l'Ultime Destinée, le Guru est la Sagesse Transcendante, le Guru est le Suprême Recours, le Guru est la Limite Finale, le Guru est la plus précieuse des Richesses. Parce qu'il atteint « Cela » (l'Essence Suprême), le Guru est très grand. » (Advaya Târaka Upanishad)

 « Le Guru, c'est le Soi. Il arrive parfois dans la vie d'un homme qu'il se sente insatisfait et que, non content de ce qu'il possède, il cherche la réalisation de ses désirs, grâce à des prières à Dieu, etc... Son esprit se purifie petit à petit ; il arrive à ressentir la nostalgie de connaître Dieu, davantage pour obtenir Sa Grâce que pour satisfaire ses désirs matériels. Alors, la Grâce de Dieu commence à se manifester. Dieu prend la forme d'un Guru, apparaît à son adorateur, Lui enseigne la Vérité et qui plus est, purifie son esprit grâce à la relation qui s'établit entre Lui et l'homme. L'esprit de l'adorateur se fortifie. Bientôt il est en mesure de se tourner vers l'intérieur. La méditation le purifie de plus en plus, jusqu'à ce qu'il reste paisible, sans la moindre vague à sa surface. Cette calme étendue, c'est le Soi. Le Guru est à la fois extérieur et intérieur. De l'extérieur Il donne une impulsion à l'esprit pour qu'il s'introvertisse ; de l'intérieur, il tire l'esprit vers le Soi et l'aide à se pacifier. C'est la Guru-kripâ. » (Ramana Maharshi)
« Le Maître véritable est celui qui porte en Lui-même le livre spirituel de la Connaissance écrit par le doigt de Dieu, c'est-à-dire par l'opération de l'illumination qui vient de Lui et qui n'a plus besoin d'autre livre. » (Saint Jean Clémaque)

« Si celui qui appelle vient à offrir son aide, en faisant allusion à la Vérité qu'il a réalisé, à la Station Suprême, garde toi d'insouciance et considère avec soin ses paroles. Interroge-le sur l'Union et voit s'il la reflète. S'il dit qu'Elle est lointaine, il en est Lui-même éloigné, mais s’il l'affirme proche, tiens le pour le plus digne d'être suivi ; pour toi, il aplatira le chemin de la Vérité par lequel tu pourras rechercher la Face de Dieu. Dès la première rencontre, sur le champ, il s'emparera de toi, et sur le sentier du Seigneur il placera ton pied. Fixe dans l'œil de ton âme les lettres du Nom, par la grâce du Maître, sur les horizons tu verras resplendir ces lettres qui ne sont ailleurs que dans ton cœur et le Nom devenu tien, toute distraction s'évanouira. Alors, agrandis ces lettres autant que tu le pourras, sur toutes choses grandes ou humbles, trace-les. En fixant en ton œil le Nom, tu t'élèveras sur Sa Lumière jusqu'au point où les mondes en néant s'évaporent. Cela à l'ordre du seul Sheikh, non au tien toutefois. Il est l'index de Dieu. Ainsi fais-Lui confiance pour t'enlever aux liens qui t'emprisonnent, t'emmenant vers la Liberté des libertés, vers le Premier, vers Celui qui précède tous les commencements, en l'essence duquel, comme rien, tu vois l'univers tout entier, moins que rien dans l'Infinité du Seigneur. Tu t'évanouis dès que l'Infini apparaît, parce que « tu » n'a jamais été, pas même un seul instant. Tu ne vois pas qui tu es, car tu es, mais non « toi ». Tu subsistes, mais non comme toi-même : il n'est puissance que de Dieu. Après toute extinction, à l'éternité tu dois naître, à l'Eternité de l'Eternité, au sommet de toute attitude : et voici que nos cavaliers s'arrêtent face à face avec la Vérité. » (Ahmad al-Alawi)