4 novembre 2021

Ibn'Arabi

Ibn’Arabi, né en 1165 en Espagne et mort en 1240 en Syrie, est un théologien, juriste, poète et métaphysicien musulman. Il est considéré comme le plus grand Maître Spirituel du Soufisme.


« Quiconque vivifie une âme morte par la vie de la connaissance dans n'importe quel domaine rattaché à la connaissance de Dieu, la vivifie vraiment. Cette connaissance particulière étant pour cette âme comme une Lumière avec laquelle elle marche parmi les gens, c'est-à-dire entre ceux qui Lui sont pareils en foi. »

« Lorsque l'homme s'éloigne des créatures ainsi que de sa propre âme, et fait taire en Lui la conscience du moi pour laisser place seulement à la connaissance du Seigneur, aussi lorsqu'il se détache de la nourriture corporelle et se maintient en état de veille pendant que les autres sont plongés dans le sommeil, lorsqu'il réunit donc en Lui ces quatre résultats, sa nature humaine est transmuée en nature angélique, sa servitude est changée en Seigneurie, son intelligence est convertie en faculté intuitive , sa Réalité invisible devient manifeste. »

« Celui dont la langue se tait, même si son cœur ne se tait pas, allège son fardeau ; celui dont la langue et le cœur se taisent tous les deux, purifie son « Centre Secret » et son Seigneur s'y révèle ; celui dont le cœur se tait, mais dont la bouche parle, prononce les paroles de la Sagesse ; mais celui dont ni la langue ni le cœur ne se taisent est objet de Satan et soumis à sa domination. Le Silence de la langue est un des traits ordinaires de tous les hommes spirituels, et de tous les Maîtres de la Voie. Le Silence du cœur est parmi les caractères distinctifs des « rapprochés » qui sont des gens de contemplation. L'état que le Silence assure aux « progressants » est la préservation des malheurs, et celui qu'il favorise chez les « rapprochés » est l'entretien dans la familiarité seigneuriale. »

« […] Ainsi en va-t-il pour l'Amour : un être n'aime en réalité personne d'autre que son Créateur. [...] Et si tu aimes un être pour sa beauté, tu n'aimes nul autre que Dieu, car Il est l'Etre-Beau. Ainsi, sous tous ses aspects, l'objet de l'Amour est uniquement Dieu. En outre, comme Dieu se connaît Soi-même et que c'est en se connaissant Soi-même qu'Il a connu le monde, Il l'a produit « ad extra » à Son image. Ainsi le monde est-il pour Lui un miroir dans lequel Il voit sa propre image, et c'est pourquoi Dieu n'aime que Soi-même, de sorte que s'Il déclare : Dieu vous aimera, – en réalité Il est Soi-même celui qu'Il aime. »

« Celui qui unit en sa connaissance de Dieu le point de vue de la transcendance avec celui de l’immanence, et qui attribue à Dieu les deux aspects globalement, le connaît vraiment, c’est-à-dire qu’il le connaît globalement, non pas distinctement, de même que l’homme se connaît soi-même globalement et non pas distinctement. »

« Dieu est donc le miroir dans lequel tu te vois toi-même, comme tu es Son miroir dans lequel Il contemple Ses Noms. Or, ceux-ci ne sont rien d’autre que Lui-même. »

 « La Divinité conforme à la croyance est celle qui peut être définie, et c’est Elle, le Dieu que le cœur peut contenir selon la Parole Divine : « Ni Mes Cieux, ni Ma Terre ne peuvent Me contenir, mais le Cœur de Mon serviteur fidèle Me contient ». Car la Divinité absolue ne peut être contenue par aucune chose, puisqu’Elle est l’Essence même des choses et Sa Propre Essence. »

« Sans Lui (comme principe actif) et sans nous (comme réceptacle de Son acte) rien n'existerait. Je L'adore en Vérité ; et Dieu est notre Maître. Mais je suis Lui-même pour autant que tu considères en moi l'Homme universel. Ne te laisses donc pas aveugler par le voile de l'homme individuel, et il sera pour toi un symbole évident. Sois à la fois Dieu en ton essence et créature par ta forme et tu seras par Dieu le dispensateur de Sa Miséricorde. Tu seras un repos délivrant et un parfum de vie. »

« Celui qui est fixé sur telle adoration particulière ignore nécessairement la Vérité intrinsèque d’autres croyances, par là-même que sa croyance en Dieu implique une négation d’autres formes de croyance. S’il connaissait le sens de la parole de Junyad « La couleur de l’eau, c’est la couleur de son récipient », il admettrait la validité de toute croyance, et il reconnaîtrait Dieu en toute forme et en tout objet de foi. C’est qu’il n’a pas la connaissance de Dieu, mais se fonde uniquement sur l’opinion dont parle la Parole Divine : « Je Me conforme à l’opinion que Mon serviteur se fait de Moi », ce qui veut dire : Je ne Me manifeste à Mon adorateur que sous la forme de sa croyance ; donc qu’il généralise, s’il veut, ou qu’il détermine. »

« Tandis que l'ascète se plaît à renoncer au monde, et que celui qui se confie à Dieu repose entièrement sur son Seigneur, et tandis que le désirant recherche les chants spirituels et l'enthousiasme annihilant, et que l'adorateur est tout à sa dévotion et à son effort, enfin tandis que le sage connaisseur exerce sa force d'esprit et se concentre sur le But, ceux qui sont investis de l'Autorité et possèdent la Science restent cachés dans l'invisible et ne les connaît ni « connaisseur », ni « désirant », ni « adorateur », comme ne les perçoit ni « confié à Dieu », ni « ascète » ! L'ascète renonce au monde pour en obtenir le prix, le confiant se remet à son Seigneur pour atteindre son dessein, le désirant recherche l'enthousiasme pour abolir le chagrin, l'adorateur fait du zèle dans l'espoir d'accéder à la « proximité », le connaisseur sage vise par sa force d'esprit l' « arrivée », mais la Vérité ne se dévoile qu'à celui qui efface sa propre trace et perd jusqu'à son nom ! »


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire